Voici une vérité surprenante : deux retraités ayant des portefeuilles et des taux de retrait identiques pourraient connaître le même rendement annuel moyen et se retrouver avec des résultats très différents.
Dans le pire des cas, l’un pourrait manquer d’argent, tandis que l’autre traversera confortablement sa retraite.
Ce n’est pas une coïncidence ; il s’agit d’une menace critique pour la retraite connue sous le nom de risque de séquence de rendements.
Le problème des rendements « moyens »
La plupart des investisseurs savent que l’indice S&P 500 a enregistré des gains moyens d’environ 10 % par an sur le long terme, mais cette moyenne douce cache un chemin semé d’embûches.
Par exemple, de 1995 à 2024, le rendement annualisé du S&P 500 était de 10,9 %. Cependant, au cours de seulement deux de ces 30 années, le rendement du marché s’est situé à moins de deux points de pourcentage de cette moyenne.
Cette volatilité est une préoccupation mineure pendant vos années de travail lorsque vous accumulez des actifs. Mais à mesure que vous passez d’un salaire à vivre de vos investissements, les baisses du marché – en particulier au début de la retraite – peuvent être dévastatrices.
Considérez l’histoire de deux retraités, Bob et Joe. Tous deux ont commencé avec un portefeuille de 1 million de dollars et ont suivi la même règle de retrait de 4 %, ajustée en fonction de l’inflation.
- Bob a connu une séquence de rendements « favorables » et, après 20 ans, il lui restait plus de 196 000 $ dans son portefeuille.
- Joe a cependant connu une séquence « négative », avec des pertes au cours des trois premières années de sa retraite. Malgré le même rendement annualisé sur toute la période, Joe s’est retrouvé à court d’argent au cours de la 21e année.
Voici comment se sont déroulées 20 années dans les deux cas :
Au-delà de la simulation Monte Carlo
De nombreux conseillers utilisent des outils tels que les simulations de Monte Carlo pour illustrer l’éventail des résultats possibles, mais une simulation n’est pas un plan. Il s’agit d’un indicateur unique du tableau de bord, comme le compteur de vitesse de votre voiture.
Un véritable plan de retraite est une stratégie dynamique qui nécessite une surveillance et des ajustements continus.
Pensez-y comme à un match de football. Les bons entraîneurs ne se contentent pas de suivre le manuel de jeu ; ils effectuent des ajustements proactifs en fonction du score, de la météo, des blessures et de la stratégie de l’adversaire.
Votre retraite est la même. Les règles du jeu – le code des impôts, les conditions du marché et votre situation personnelle – évoluent constamment. Un plan flexible est votre meilleure défense.
Voici comment vous pouvez réduire le risque lié à la séquence de retours :
Constituez-vous une réserve de trésorerie. Nous conseillons aux clients de disposer de 18 à 24 mois de frais de subsistance prévus en espèces ou équivalents de liquidités au début de la retraite. En période de ralentissement des marchés, vous pouvez puiser dans cette réserve au lieu de vendre les actifs de votre portefeuille à perte.
Dans notre exemple précédent, si Joe avait renoncé aux retraits de portefeuille au cours de ses deux premières années de pertes, son résultat aurait été complètement différent.
Utilisez un taux de retrait raisonnable et flexible. De nombreux retraités connaissent la règle des 4 %, formulée sur la base des recherches de Bill Bengen au début des années 1990. Cette règle stipule que vous pouvez prendre 4 % de la valeur initiale du portefeuille et ajuster chaque année vos retraits annuels en fonction de l’inflation.
Les recherches initiales de Bengen ont porté sur 39 périodes de 30 ans allant de 1926 à 1993 et ont obtenu un taux de réussite de 100 % en utilisant une allocation d’actifs de 50/50. Les dernières recherches de Bengen suggèrent un taux de retrait durable légèrement plus élevé, d’environ 4,7 %.
Cependant, nous voyons souvent des clients utiliser un taux fluctuant. Par exemple, un retraité qui retarde la sécurité sociale jusqu’à l’âge de 70 ans pourrait retirer un peu plus au cours des premières années de sa retraite, puis diminuer son taux de retrait une fois que les prestations de sécurité sociale commencent.
Mettre en œuvre une stratégie de retrait efficace. Un plan intelligent ne se résume pas à un simple pourcentage. Il s’agit de puiser dans les bons actifs, dans les bons comptes, dans le bon ordre. Cela signifie:
- Vendre des gagnants, pas des perdants : Lorsque vous avez besoin de lever des liquidités, vous pouvez vendre des classes d’actifs qui ont bien performé pour éviter de vendre à perte.
- Planification fiscale stratégique : Les lois fiscales changent et un bon plan s’adapte. Les récentes modifications fiscales, telles que la déduction améliorée pour les personnes de 65 ans et plus, pourraient rendre plus rentable sur le plan fiscal le fait de tirer davantage de votre IRA que d’un compte imposable.
Le risque lié à la séquence de rendements constitue un défi très réel, mais il n’est pas insurmontable. La bonne nouvelle est qu’avec un plan solide, vous pouvez réduire considérablement son impact.
En matière de planification de la retraite, il est peu probable qu’une stratégie consistant à « régler et oublier » fonctionne. Cela nécessite un processus discipliné et une surveillance continue.
Un bon conseiller financier agit comme votre coach financier, vous aidant à prendre des décisions intelligentes et éclairées afin que vous puissiez surmonter les obstacles et profiter d’une retraite sûre et confiante.
Cet article a été écrit et présente les points de vue de notre conseiller collaborateur, et non de la rédaction de Kiplinger. Vous pouvez vérifier les dossiers des conseillers auprès du SECONDE ou avec FINRA.






