Si vous êtes un investisseur à revenu élevé, votre compte de courtage pourrait jouer en secret contre vous.
Les fonds communs de placement, longtemps considérés comme la pierre angulaire de l’investissement diversifié, peuvent déclencher des factures fiscales surprises qui grugent les rendements. La raison ne réside pas dans la performance de vos investissements, mais dans la structure des fonds eux-mêmes.
Le problème : une facture fiscale que vous ne pouvez pas contrôler
Lorsque vous possédez un fonds commun de placement, votre argent est mis en commun avec ceux de milliers d’autres investisseurs. Le gestionnaire de fonds achète et vend activement des actions ou des obligations au sein de ce pool. Lorsque des titres appréciés sont vendus, ces gains doivent être distribués aux actionnaires chaque année en vertu de la loi fédérale.
Cela semble simple jusqu’à ce que vous réalisiez deux inconvénients majeurs :
Aucun contrôle sur le timing. Les décisions de vente du gestionnaire sont motivées par la stratégie de portefeuille et les rachats, et non par votre situation fiscale personnelle. Vous pouvez finir par réaliser des gains même si vous n’avez rien vendu.
Gains « Fantôme ». Vous pouvez devoir payer des impôts même si la valeur de votre fonds baisse. Si le gestionnaire vend des titres appréciés pour faire face aux rachats, ces gains sont toujours répercutés sur les investisseurs restants.
En bref, vous payez pour les décisions de vente de quelqu’un d’autre et vous payez éventuellement des impôts sur des revenus que vous n’avez jamais empochés.
Une leçon douloureuse de 2022
Cette dynamique est devenue douloureusement claire en 2022, lorsque le S&P 500 a chuté de près de 20 %. De nombreux investisseurs ont vu leur portefeuille perdre de la valeur, mais ont quand même reçu des distributions de plus-values.
Les fonds gérés activement ont dû vendre des positions appréciées pour répondre aux retraits des investisseurs pendant la récession.
Considérez le Growth Fund of America (AGTHX). Il a perdu environ 25 % en 2022, mais a quand même distribué 3,71 $ par action de plus-values à long terme en décembre.
Les investisseurs ont été frappés deux fois : un portefeuille en diminution et une facture fiscale sur les gains « fantômes ».
La triple traînée : Charges, taxes et frais
Décomposons les coûts cachés avec un exemple concret du Growth Fund of America®.
- Charge initiale. Les actions de classe A facturent jusqu’à 5,75 %. Un investissement de 100 000 $ pourrait perdre 5 750 $ avant même que l’argent n’arrive sur le marché.
- Freinage fiscal. En décembre 2024, le fonds a distribué 1,15 $ par action en dividendes et 6,38 $ en gains en capital à long terme. Pour un contribuable à revenu élevé, cela pourrait signifier environ 1 900 $ d’impôts fédéraux, selon la publication IRS 550 et le sujet n° 559 (impôt sur le revenu net des investissements).
- Taux de dépenses. Les frais annuels de 0,61 % équivaut à 610 $ sur 100 000 $.
Ensemble, les vents contraires de la première année peuvent être stupéfiants. Ajoutez la taxe de 1 900 $ et les frais de 610 $ aux frais de vente de 5 750 $, et votre investissement de 100 000 $ commence effectivement avec un retard de 8,25 %.
Des alternatives plus intelligentes et fiscalement avantageuses
Les investisseurs à revenus élevés ne sont pas obligés d’accepter ce désavantage structurel. Des outils plus efficaces peuvent contribuer à réduire la traînée imposable et à améliorer les rendements après impôt.
Fonds négociés en bourse (ETF). Les ETF évitent généralement de distribuer des gains en capital en raison de leur mécanisme de rachat en nature. Cette structure permet aux gestionnaires d’échanger des titres appréciés hors du fonds sans déclencher d’événements imposables.
Combinés à des ratios de frais généralement inférieurs, les ETF constituent souvent le meilleur choix pour les comptes imposables.
Comptes gérés séparément (SMA). Un SMA vous donne la propriété directe des titres sous-jacents. Cette propriété permet une récolte de pertes fiscales individualisées, qui peut compenser les gains ailleurs dans votre portefeuille.
Pour les investisseurs disposant d’actifs importants et d’une situation fiscale complexe, cette flexibilité supplémentaire peut être précieuse.
Indexation directe. L’indexation directe va encore plus loin en matière d’efficacité fiscale. Au lieu d’acheter un seul fonds, vous détenez les actions réelles d’un indice. Votre conseiller ou gestionnaire peut récolter des pertes sur des positions spécifiques tout en gardant une exposition globale alignée sur l’indice de référence.
Ce contrôle granulaire peut réduire considérablement le revenu imposable au fil du temps.
L’idée générale : l’emplacement des actifs est important
L’efficacité fiscale ne dépend pas seulement de ce que vous possédez, mais aussi de l’endroit où vous le possédez. Les fonds axés sur la croissance ou à fort taux de rotation appartiennent à des comptes fiscalement avantageux, tels que les IRA ou les 401(k).
Votre compte de courtage imposable doit être conçu avec des investissements à faible rotation et fiscalement avantageux.
Ce concept, appelé localisation des actifs, peut faire une différence mesurable. Les études montrent systématiquement qu’un emplacement judicieux des actifs peut augmenter les rendements après impôts de 0,5 % à 1 % par an, un avantage cumulatif qui s’accroît au fil des décennies.
L’essentiel
Si vos comptes imposables sont remplis de fonds communs de placement gérés activement, vous pourriez perdre de l’argent à cause d’impôts que vous ne pouvez pas contrôler. Les ETF, les SMA et l’indexation directe peuvent vous redonner ce contrôle tout en améliorant l’efficacité.
Votre portefeuille n’est pas seulement un ensemble d’investissements ; c’est un écosystème financier qui doit fonctionner ensemble entre les types de comptes. En étant intentionnel quant à la structure et à l’emplacement, vous pouvez arrêter l’érosion silencieuse et conserver une plus grande partie de ce que vous gagnez pour votre avenir.
Cet article a été écrit et présente les points de vue de notre conseiller collaborateur, et non de la rédaction de Kiplinger. Vous pouvez vérifier les dossiers des conseillers auprès du SECONDE ou avec FINRA.






