Pour de nombreux enfants adultes, l’une des conversations les plus difficiles à avoir concerne les finances avec leurs parents.
- Maman et papa ont-ils des documents successoraux à jour ?
- Qui prendrait les décisions financières ou en matière de soins de santé si l’un d’entre eux devenait incapable ?
- Où sont les comptes, les polices d’assurance, les mots de passe et les documents clés ?
- Ont-ils réfléchi à la question de savoir s’ils souhaitent vieillir chez eux, réduire leurs effectifs ou se rapprocher de leur famille ?
- Sont-ils vulnérables aux escroqueries ?
- L’un des conjoints possède-t-il toutes les connaissances financières tandis que l’autre reste largement peu impliqué ?
Ce sont des questions pratiques. Mais au sein d’une famille, ils ressentent rarement cela.
Pour les parents, cette conversation peut ressembler à une menace pour leur indépendance. Pour les enfants adultes, cela peut donner l’impression d’aller trop loin, d’insister ou de laisser entendre qu’un parent n’est plus capable.
Ajoutez à cela la dynamique fraternelle, les seconds mariages, les problèmes de confidentialité et les années d’histoire familiale, et il est facile de comprendre pourquoi tant de familles évitent complètement la conversation.
Le problème est que le silence ne préserve pas l’indépendance. Dans de nombreux cas, cela le met en danger.
Lorsque les familles attendent qu’un problème de santé, un problème cognitif, une hospitalisation, le décès d’un conjoint ou une urgence financière force la conversation, les décisions doivent souvent être prises rapidement, avec émotion et avec des informations incomplètes.
Les enfants adultes peuvent ne pas savoir où sont détenus les actifs, s’il existe des documents successoraux, qui est l’avocat, comment les factures sont payées ou ce que voulaient leurs parents.
Une meilleure approche consiste à recadrer entièrement la conversation. Il ne s’agit pas ici de prendre le contrôle. Il s’agit d’aider les parents à garder le contrôle le plus longtemps possible et de s’assurer que leurs souhaits sont connus, documentés et respectés.
Commencez par les valeurs, pas par les soldes des comptes
L’une des plus grandes erreurs que commettent les enfants adultes est de commencer par les chiffres.
« Combien d’argent as-tu? » ou « Où sont tous vos comptes ? » peut être bien intentionné, mais ces questions peuvent sembler envahissantes. Un point d’entrée plus productif consiste à commencer par les valeurs, les préférences et la tranquillité d’esprit.
Par exemple:
- « Je n’ai pas besoin de connaître tous les détails financiers, mais je veux être sûr de savoir comment vous soutenir si quelque chose arrivait. »
- « S’il y avait une urgence médicale, je voudrais être certain d’aider à prendre des décisions comme vous le souhaiteriez. »
Cela fait passer le ton de l’enquête au soutien. Cela montre également clairement que l’objectif n’est pas de prendre le relais, mais de comprendre le plan.
D’après mon expérience, les familles progressent davantage lorsque la première conversation porte sur les souhaits.
- Où vos parents veulent-ils vivre si leur état de santé change ?
- À qui font-ils confiance pour prendre des décisions médicales ? Qui faut-il contacter en premier en cas d’urgence ?
- À quoi ressembleraient pour eux le confort, la dignité et l’indépendance ?
Ces réponses peuvent ouvrir la porte à la planification plus technique qui doit suivre.
Prenons un scénario que nous voyons plus souvent que ce à quoi les familles s’attendent. Un conjoint décède après des décennies d’épargne prudente. C’était un électricien qui a construit près de 3 millions de dollars grâce à sa discipline et sa frugalité, mais il a tout géré lui-même.
Le conjoint survivant découvre des comptes dispersés dans plusieurs banques, des IRA auxquels elle ne peut pas accéder, des mots de passe manquants et une police d’assurance-vie sans instructions sur la façon de la réclamer. Elle ne sait pas quels seront ses revenus, comment gérer les investissements ni même comment payer la facture d’électricité.
Il avait de bonnes intentions. Mais ce qu’il considérait comme une bonne gestion est devenu un fardeau évitable pour la personne qu’il aimait le plus.
C’est le véritable sujet de cette conversation.
Réduisez la conversation
Une autre erreur courante consiste à essayer de tout résoudre en même temps.
Le vieillissement, la planification successorale, les soins de longue durée, l’accès numérique, les désignations de bénéficiaires, les procurations et les rôles familiaux sont trop nombreux pour une seule discussion. Lorsque les enfants adultes tentent d’aborder tous les sujets en une seule séance, les parents peuvent se sentir dépassés ou sur la défensive.
Considérez plutôt cela comme une série de petites conversations.
- « Avez-vous les bons documents en place et est-ce que quelqu’un sait où ils se trouvent ?
- « Avez-vous pensé à l’endroit où vous voudriez vivre si rester dans la maison devenait difficile ? »
- « Seriez-vous à l’aise de me présenter votre conseiller, avocat ou comptable afin que je sache qui appeler en cas d’urgence ?
Les petites conversations réduisent la pression. Ils donnent également l’impression que le sujet fait partie de la vie familiale normale plutôt que d’être une intervention ponctuelle.
Se concentrer sur l’organisation avant de prendre une décision
De nombreuses familles ne réalisent pas à quel point le stress peut être évité simplement en s’organisant.
Au minimum, chaque parent vieillissant devrait envisager de créer un organisateur central de la vie financière. Cela ne doit pas nécessairement inclure chaque montant, mais cela devrait indiquer aux membres de confiance de la famille où trouver les informations essentielles en cas de besoin.
Cela pourrait inclure :
- Une liste des institutions financières et des types de comptes
- Informations sur les comptes de retraite, les pensions et la sécurité sociale
- Polices d’assurance, y compris vie, auto habitation et soins de longue durée
- L’emplacement des testaments, des fiducies, des procurations et des directives en matière de soins de santé
- Noms et coordonnées du conseiller financier, du CPA, de l’avocat spécialisé en successions et des professionnels de l’assurance
- Informations sur les hypothèques, les impôts fonciers, les services publics et les factures récurrentes
- Désignations de bénéficiaires et contacts de confiance
- Comptes numériques clés et instructions d’accès héritées
Ce type d’organisation peut être particulièrement important lorsque l’un des conjoints gère historiquement les finances du ménage. Le conjoint survivant est peut-être pleinement capable, mais s’il ne sait pas où se trouvent les choses, qui appeler ou comment les factures sont payées, la transition peut devenir inutilement stressante.
Un organisateur de vie financière n’est pas seulement un outil administratif. C’est un cadeau pour ceux qui pourraient un jour intervenir.
Soyez prudent avec le mot « aide »
Les enfants adultes disent souvent : « Je veux juste aider ». Les parents entendent souvent : « Vous pensez que je ne peux plus gérer ça. »
Cette déconnexion peut faire dérailler une conversation par ailleurs importante. Une meilleure approche consiste à demander la permission.
- « Serait-il utile que nous nous asseyions ensemble et que nous nous assurions que tout est organisé ? »
- « Seriez-vous prêt à m’indiquer qui je devrais contacter en cas d’urgence ?
- « Est-ce que cela vous apporterait une tranquillité d’esprit si nous nous assurions que vos documents et vos bénéficiaires reflètent toujours vos souhaits ? »
La différence est subtile mais importante. Demander la permission préserve la dignité. Cela permet aux parents de rester décideurs.
Faites appel aux bons professionnels
Certaines familles sont à l’aise pour avoir ces conversations seules. D’autres bénéficient de l’intervention d’un professionnel neutre.
Un conseiller financier, un avocat spécialisé en successions, un avocat spécialisé en droit des personnes âgées, un CPA ou un responsable des soins gériatriques peut aider à séparer la dynamique familiale émotionnelle de la planification technique. Ils peuvent également aider à identifier les lacunes que les membres de la famille pourraient ne pas savoir rechercher.
Par exemple, un plan successoral peut exister, mais les désignations de bénéficiaires sur les comptes de retraite ou les polices d’assurance-vie peuvent être obsolètes.
Un parent peut avoir une procuration, mais le mandataire désigné n’est peut-être plus la bonne personne.
Un parent peut vouloir vieillir chez lui, mais le domicile peut avoir besoin de modifications, d’un soutien supplémentaire ou d’un plan pour financer les soins futurs.
La bonne équipe de professionnels peut aider les familles à passer d’une vague préoccupation à une action spécifique.
N’ignorez pas la fraude et l’exploitation
Une autre raison pour laquelle ces conversations sont importantes est la sécurité financière.
Les personnes âgées sont fréquemment la cible d’escroqueries impliquant de fausses agences gouvernementales, des programmes d’assistance technique, des escroqueries amoureuses, des escroqueries aux grands-parents et des demandes d’argent urgentes. Les escroqueries les plus dangereuses impliquent souvent la peur, le secret et la pression pour agir immédiatement.
Les familles peuvent créer une règle simple : aucune décision financière majeure, aucun virement bancaire, aucun paiement inhabituel ou demande urgente ne doit être donné à exécution sans en parler au préalable à un membre de la famille ou à un conseiller de confiance.
Cette règle peut éviter un préjudice financier important.
Continuez la conversation
Le but n’est pas d’avoir une conversation parfaite ; c’est pour normaliser le sujet.
Les plans changent. La santé change. Les lois changent. La dynamique familiale change. Des documents qui étaient appropriés il y a cinq ans pourraient ne plus refléter les souhaits d’un parent aujourd’hui.
Un bref enregistrement annuel de la famille peut aider à garder tout le monde aligné. Il n’est pas nécessaire que cela soit formel et cela n’oblige pas les parents à divulguer tous les détails financiers. Mais cela devrait confirmer que les documents clés sont à jour, que les contacts de confiance sont toujours appropriés, que les membres de la famille savent qui appeler et que les souhaits des parents sont compris.
Les familles qui traversent le mieux le vieillissement et les transitions patrimoniales ne sont pas celles qui évitent les conversations difficiles. Ce sont eux qui apprennent à les avoir avec respect, patience et amour.
Parler d’argent aux parents ne signifie pas nécessairement leur priver de leur indépendance. Bien menée, elle peut avoir l’effet inverse, en préservant leur voix, en protégeant leur dignité et en donnant à toute la famille une plus grande confiance quant au chemin à parcourir.
Cet article a été écrit et présente les points de vue de notre conseiller collaborateur, et non de la rédaction de Kiplinger. Vous pouvez vérifier les dossiers des conseillers auprès du SECONDE ou avec FINRA.






