| Philippe
Bélanger a décidé, il y a bientôt un an, de
fonder une entreprise qui se spécialise dans la réparation
et la revente de moteurs usagés
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Quelques-uns
des produits offerts en vente au grenier
populaire des Basses-Laurentides. |
Invitée
à choisir son premier «morceau», la députée
de Deux-Montagnes, Hélène Robert, avait alors déniché
ces magnifiques manteau et chapeau lors de l’ouverture
officielle de la Ressourcerie des Patriotes. |
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Économie sociale, récupération, recyclage,
le commerce dit «vert» englobe un peu toutes ces facettes
visant le respect de l’environnement. Le Grenier populaire des Basses-Laurentides
fait partie de ceux qui ont tenté le coup. Depuis 1990, l’entreprise
voit à apporter une aide concrète et un soutien aux personnes
en situation précaire par la vente de meubles et d’appareils
électroménagers à coût minime.
En plus d’être accréditée entreprise d’insertion,
le Grenier populaire des Basses-Laurentides participe également
à la protection de l’environnement en recyclant. En 2006,
plus de 200 tonnes de marchandises ont été recyclées
et le recyclage des halocarbures a fourni tout le fuel dont le département
de réparation avait besoin pour remettre en fonction les appareils
électroménagers. Annuellement, on remet en état 1
600 appareils. En plus, l’entreprise s’occupe de récupérer
le métal.
L’entreprise d’économie sociale connaît un succès
certain. La directrice générale adjointe, Lise Savard, affirme
que ce type de commerce se porte bien, mais sa santé dépend
des partenaires et de l’engagement de la communauté. «C’est
la communauté qui décide, à un moment donné,
de mettre sur pied ce dont elle a besoin. Économiquement parlant,
il faut que la communauté dise: oui, on a besoin d’un service
comme ça», souligne-t-elle.
Avoir une «première pensée environnementale»
À quel point la communauté est prête à s’investir?
Là réside la véritable question. Effectivement, la
directrice générale de la Ressourcerie des Patriotes, qui
a fermé ses portes le 30 novembre 2006, Georgette Lévesque
Lemyre, se la pose elle aussi. «Il faut que les gens s’engagent.
Ils y croient à l’environnement, mais ils ne sont pas prêts
à faire la démarche. Il faut user de créativité,
se remettre à coudre. Il faut voir plus loin que ce qu’il
y a devant nous.»
La Ressourcerie des Patriotes consistait en un genre de magasin général
avec vêtements et menus objets. «L’objectif était
de faire l’éducation de l’environnement, de montrer
que chaque citoyen a la capacité de travailler à sa dimension
pour le mieux-être de notre environnement», explique Mme Lemyre.
C’est en 2003 que le commerce a débuté. Avec une population
de quelque 100 000 habitants dans les environs, ce n’était
pas le manque de vêtements qui consistait le problème, mais
la difficulté à avoir une «première pensée
environnementale».
«À Saint-Eustache, on est dans un milieu qui est propice
à l’environnement, mais il est difficile de faire comprendre
cette notion aux gens en raison de la proximité du marché
aux puces où l’on peut acheter des vêtements à
moindre coût, croit-elle, ce n’est pas un automatisme.»
L’ancienne directrice générale n’a pas perdu
espoir. Selon elle, la société finira par se tourner vers
les produits usagés. Pour y arriver, elle estime qu’il faudrait
que les grands acteurs, comme les villes, les commissions scolaires, les
centres locaux de développement, les chambres de commerce et d’industrie
de la région, «se mettent ensemble pour faire du commerce
vert, un projet de communauté, de ville, de MRC». Elle ajoute
qu’il faut «qu’il y ait de l’avenir. Si je reste
la seule à y croire, on va respirer du plastique», s’insurge-t-elle.
Penser vert pour son entreprise
Philippe Bélanger a décidé, il y a bientôt
un an, de fonder une entreprise qui se spécialise dans la réparation
et la revente de moteurs usagés. «Je crois qu’avec
un sens de la récupération, ce genre de commerce a beaucoup
d’avenir. En moyenne, les familles possèdent deux véhicules,
mais également une souffleuse, un coupe-bordures. En achetant usagé,
elles économisent. Ça vaut le coup. J’offre une garantie
en plus», explique-t-il.
Multi Services Bélanger, qui a pignon sur rue à Saint-Eustache,
se procure des moteurs qui ne fonctionnent plus, les répare et
les revend. Les pièces qui ne sont pas en bon état sont
recyclées. «L’esprit vert m’est venu en développant
mon commerce. Il n’y a pas d’entreprise du genre dans la région.
J’ai bon espoir qu’à long terme, je vais me bâtir
une réputation. Il y a plusieurs possibilités d’ouverture
là-dedans», estime M. Bélanger.
Selon le Centre local de développement (CLD) de la MRC de Deux-Montagnes,
les commerces verts peuvent remporter du succès autant qu’il
existe un besoin pour leurs produits sur le territoire. Ces entreprises
demeurent des entreprises «hyper subventionnées». «Est-ce
qu’elles fonctionneraient dans un cadre autonome? Ça ne veut
pas dire que ça ne fonctionnerait pas, mais la réalité
est difficile», estime Marie-Claude Granger, commissaire au développement
économique.
Selon le directeur général du CLD de la MRC de Deux-Montagnes,
Jean-Marc Fauteux, l’influence des municipalités avec leur
virage vert devrait se faire sentir. «C’est davantage à
long terme que les municipalités pourront influencer le citoyen.
Il sera alors plus ouvert à encourager les commerces verts»,
précise-t-il.
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