Il faut mentionner que les entrepreneurs mentorés peuvent
bénéficier de ce service gratuit dans le but d’augmenter
jusqu’à 75 % leurs chances de réussite. Le CLD s’est
donc donné comme objectif de diffuser l’information sur
le mentorat, de démarrer de nouvelles dyades mentors-mentorés
et d’effectuer un suivi auprès d’eux.
Signe du sérieux de la démarche, plusieurs organismes
régionaux et nationaux à caractère économique
soutiennent cette démarche. Entre autres, la Société
d’aide au développement des collectivités (SADC)
des Laurentides, le Forum Jeunesse, Emploi-Québec, la Conférence
régionale des élus (CRÉ) des Laurentides et la
Fondation de l’entrepreneurship. C’est cette dernière
organisation qui a lancé le projet panquébécois
de mentorat en juillet 2000. «Le réseau de mentorat constitue
un véritable regroupement de cellules locales de mentors (parrains)
encadrées et soutenues par des organismes accrédités
par la Fondation, indique la Fondation. L’implantation du réseau
se fait par la mise en place graduelle de cellules locales de façon
à couvrir l’ensemble du territoire québécois.»
Selon la définition que donne la Fondation, le mentorat d’affaires
est «une relation fondée sur un engagement libre et volontaire
basée sur la confiance et le respect mutuel. Une personne d’expérience,
le mentor, accompagne un entrepreneur moins expérimenté,
le mentoré. Le mentor et le mentoré sont responsables
du succès de la relation, ils clarifient leurs rôles respectifs
et la manière précise dont chacun contribuera à
l’atteinte des objectifs du mentoré». Grâce
à plus d’une cinquantaine de cellules disséminées
un peu partout au Québec, le réseau de mentorat de la
Fondation est l’un des plus importants au Canada.
Une question de confiance
Établir une relation de confiance est primordial pour qu’une
relation mentor-mentoré puisse réussir. C’est pourquoi
la cellule mentorale du CLD de Mirabel a mis en place un code d’éthique
et de confidentialité des échanges. «Étant
donné que l’échange se passe entre deux individus,
les gens sont plus portés à s’ouvrir», explique
le directeur général du CLD de Mirabel, Jean-Luc Riopel.
Dans cette optique, quel est donc le rôle du mentor? D’abord,
le mentor concentre ses interventions sur l’entrepreneur et non
pas sur l’entreprise; il ne s’immiscera pas dans la gestion
quotidienne de ses affaires. Aucun intérêt financier n’est
rattaché à ses services. D’ailleurs, il peut s’agir
d’une personne qui a évolué dans un tout autre domaine
que le mentoré. «Le mentor est un guide, il écoute,
il accueille l’entrepreneur dans sa démarche pour lui permettre
d’éviter de répéter ses erreurs», explique-t-on
au CLD.
«En tant que commissaire industriel, je rencontre les propriétaires
d’entreprises une fois par année, alors qu’un mentor
pourra suivre l’évolution de l’entrepreneur sur une
base plus fréquente», observe pour sa part Yvan Lanthier,
du CLD de Mirabel, pour faire ressortir les aspects positifs de la relation
mentorale. Le mentor soutient le mentoré en fonction de ses disponibilités.»
À qui s’adresse le service de mentorat? «À
des entreprises déjà démarrées qui ont des
projets d’expansion, souligne-t-on au CLD. Ce service s’adresse
aux entrepreneurs qui sont “seuls en haut de leur tour”
et qui voudraient partager le trop-plein avec quelqu’un qui peut
les conseiller.» La relation mentorale poursuit plusieurs objectifs.
Entre autres, ceux d’échanger sur les stratégies
commerciales, d’ouvrir de nouveaux horizons, de développer
ses habiletés de gestionnaire et de profiter d’un jugement
extérieur pour éclairer la prise de décisions.
Si le besoin exprimé par l’entrepreneur ne cadre pas avec
l’activité de mentorat, le CLD peut le diriger vers les
ressources appropriées.
La particularité de Mirabel
Le CLD de Mirabel a mis en place une équipe pour soutenir la
ressource attitrée à ce nouveau service: Yvan Lanthier,
qui visite des entreprises à longueur d’année, et
Johanne Fontaine, adjointe administrative, pour sa connaissance du milieu
et du territoire. Le CLD est aux aguets.
Jean-Luc Riopel soulève le caractère particulier de Mirabel.
L’étendue de son territoire et la diversité de ses
acteurs entrepreneuriaux (secteurs industriel, commercial et agricole),
de même que la présence d’entrepreneurs locaux et
d’entreprises qui œuvrent sur le plan international, posent
un défi de taille pour le trio mirabellois. L’enjeu majeur
pour assurer le succès de la cellule mentorale sur le territoire
qu’elle dessert: le recrutement de gens d’affaires d’expérience
qui voudraient devenir mentors.
Dans son calendrier, la cellule de mentorat veut effectuer un travail
de sensibilisation secteur par secteur. Elle a aussi l’intention
d’organiser des activités de perfectionnement et de maillage
à l’intention des mentors et des mentorés.