La Fondation de l’entrepreneurship définit le
mentorat d’affaires comme «une relation fondée sur
un engagement libre et volontaire basé sur la confiance et le
respect mutuel. Une personne d’expérience, le mentor, accompagne
un nouvel entrepreneur moins expérimenté, le mentoré».
Le mentorat agit sur le savoir-être de l’entrepreneur. D’ailleurs,
le mentor n’a aucun intérêt dans l’entreprise
du mentoré ni lien d’affaires. «Son seul intérêt
est de voir l’entrepreneur se réaliser», explique
François-X. Allard, chef mentor au sein de la cellule mentorale
de Deux-Montagnes.
Des rôles divers
Quelle fonction le mentor occupe-t-il? Il peut aider le mentoré
à briser sa solitude de décideur. Il le soutient dans
l’analyse des situations qui s’offrent à lui. Le
mentor aide l’entrepreneur à établir ses priorités
et à déceler les pièges qu’il pourrait trouver
sur sa route. «Ça frise la paternité», image
M. Allard. Le mentor écoute beaucoup plus qu’il ne parle.
À l’opposé, en quoi la relation mentorale peut-elle
aider un entrepreneur? Les raisons sont diverses, en voici quelques-unes:
prévoir l’évolution de son entreprise, mieux comprendre
les aléas du milieu des affaires, profiter d’un jugement
extérieur pour éclairer ses décisions, faire converger
différentes opinions pour atteindre une vision globale, susciter
la génération d’idées novatrices et obtenir
de l’aide pour les mener à terme.
Le mentor doit être ouvert à répondre rapidement
aux questions du mentoré ou à interroger certains problèmes
internes à l’entreprise afin de remettre les pendules à
l’heure. Comment distinguer le mentorat des autres formes de soutien?
Le conseiller oriente, le coach développe une compétence
spécifique, le consultant recommande, alors que le mentor accompagne
et motive. «C’est par la transmission de son savoir-être
et de son savoir-faire que le mentor guidera le nouvel entrepreneur
mentoré dans ses démarches», indique la Fondation.
Une des clés du succès
Pourquoi faire appel à un mentor? Tout d’abord, les statistiques
démontrent que 50 % des nouvelles entreprises ne parviennent
pas à franchir le cap des cinq années d’existence.
Le taux de succès monte à plus de 80 % lorsque les entrepreneurs
sont soutenus et encadrés. Le mentorat d’affaires n’est
pas la seule raison de ce succès, mais il en fait assurément
partie. «Le pif, l’instinct, c’est quelque chose qui
s’acquiert difficilement, explique François-X. Allard.
C’est à ce niveau que nous pouvons aider les gens.»
Le CLD de la MRC de Deux-Montagnes donne comme exemple la démarche
de Sylvia Mariani, entrepreneure et mentorée qui a obtenu les
services de mentorat de la cellule deux-montagnaise: «Avec mon
mentor, j’ai reçu beaucoup d’information et j’ai
appris à être plus prudente en toute circonstance, explique-t-elle.
Je me sens plus sécurisée dans mes négociations.
Sans mentor, j’aurais pu me casser les dents et manquer des occasions
d’affaires. Je n’aurais probablement pas accompli moins,
mais j’aurais sûrement pris plus de temps ou bien j’aurais
fait les choses différemment. Je me sentais appuyée, j’avais
une alliée.»
Une démarche structurée
La règle d’or d’une relation mentorale, c’est
que le mentor ne prenne jamais la place du mentoré dans le processus
décisionnel. «Bien au contraire, il devra s’effacer
discrètement afin de laisser les coudées franches au promoteur»,
indique pour sa part le CLD.
Bien que la bonne foi et le respect mutuel soient de mise, la cellule
de mentorat de Deux-Montagnes suit tout de même un processus précis
dans l’établissement d’une relation mentor-mentoré.
Dans un premier temps, la personne qui veut bénéficier
du service rencontre le commissaire au mentorat d’affaires du
CLD de la MRC de Deux-Montagnes, Claude Levasseur. Il remplit ensuite
une demande formelle en indiquant entre autres le secteur d’activité
qu’il occupe et les attentes qu’il a envers un éventuel
mentor, laquelle demande est envoyée à l’équipe
de mentorat. Si la collaboration au service de mentorat demeure une
démarche formelle, le CLD a limité la paperasserie au
minimum. «La règle de base, c’est pas de crayon et
pas de papier», résume M. Allard. Cette démarche
est suivie d’un rendez-vous au cours duquel deux mentors et le
chef mentor, François-X. Allard, rencontrent l’entrepreneur
désireux d’être appuyé. Suivra la décision
de l’équipe de mentors.
Mais ne formule pas de demande qui le veut. Il faut être un entrepreneur
ou avoir le désir de le devenir. Le mentorat n’est pas
conçu pour régler les problèmes de gestion ou les
problèmes opérationnels de l’entreprise, dans leurs
technicités. «L’intervention se situe plus au niveau
de l’entrepreneur que de l’entreprise», explique le
CLD. Cet entrepreneur doit être en période de démarrage
(un à cinq ans d’existence) ou de maturité (plus
de cinq ans). Idéalement, l’entreprise aura au moins 20
000 $ de chiffre d’affaires ou sera en voie de l’obtenir.
Elle devra être incorporée, avoir un établissement
dans la MRC de Deux-Montagnes et fournir de l’emploi à
au moins deux personnes (incluant les propriétaires).
La durée type d’une relation mentor-mentoré oscille
entre 12 et 18 mois, mais selon les besoins, elle peut durer à
peine trois mois ou se poursuivre durant des années. «On
peut évaluer à plus ou moins deux ou trois heures par
mois la disponibilité requise du mentor et du mentoré»,
indique-t-on. On demande au mentoré de verser un don forfaitaire
de 350 $ «basé sur l’honneur» afin d’assurer
la poursuite du service.
Le CLD a reçu jusqu’à maintenant une quarantaine
de demandes et il compte sur une équipe d’une vingtaine
de mentors provenant de divers secteurs de l’activité économique:
manufacturier, industriel, services, commerce de détail et ainsi
de suite. Des mentors d’expérience qui ont fait leurs preuves
dans leur secteur d’activité et qui, comme tout entrepreneur,
ont trouvé des réponses à plusieurs de leurs questions.