Développement urbain à Sainte-Thérèse
Petit train voit loin
Malgré un leadership régional bien établi en matière de développement économique et une influence marquée au sein de la MRC de Thérèse-De Blainville, la Ville de Sainte-Thérèse connaît une phase critique vers le milieu des années 1990. D’une part, elle se trouve soumise à une demande en logements grandissante et, de l’autre, ses espaces disponibles pour accueillir de nouveaux projets résidentiels sont de moins en moins nombreux.

Valérie Maynard

 

(Photo Michel Chartrand)

(Photo Michel Chartrand)

La mairesse de Sainte-Thérèse, Sylvie Surprenant, et le directeur de l’urbanisme et du développement durable de la Ville, Normand Rousseau, surveillent de près le développement urbain du centre-ville tout en travaillant parallèlement à consolider la vocation de la Ville comme pôle régional au sein de la MRC.
Mis au fait des expériences de TOD (Transit oriented
development) tentées ailleurs, le maire de l’époque, Élie Fallu, a rapidement entrepris d’en faire le canevas de principes guidant le plan d’aménagement du secteur de la gare
de la Ville de Sainte-Thérèse.

Le premier projet érigé le long de la voie ferrée en 2004, Les Cochères
de la gare.
Site en bordure nord
de la voie ferrée, avant le début des projets
de constructions.


Parallèlement, certains secteurs déjà construits sont en déclin. C’est le cas, notamment du secteur de la friche industrielle ceinturant l’ancienne gare de Sainte-Thérèse, en plein cœur du centre-ville.

En cette ère de développement intelligent, deux avenues possibles: regarder le train passer ou opter pour le «recyclage» de l’espace déjà construit. «Il fallait que la Ville agisse. Nous avons donc pris l’initiative d’intégrer le retour du transport en commun et du train au développement de Sainte-Thérèse, d’indiquer le maire d’alors, Élie Fallu. Il nous fallait densifier notre plan urbanistique en utilisant tous les petits coins qui restaient. En construisant au pied cube et non plus au pied carré», de poursuivre M. Fallu.

Vers le transport en commun
Il faut remonter aussi loin que dans les années 1970 pour comprendre toute la réflexion amorcée autour du transport en commun par les autorités municipales de Sainte-Thérèse de l’époque et la prise en charge, en 1985, du transport en commun. Puis, en 1997, la Ville saisit l’occasion de la relance du train de Blainville pour localiser sa nouvelle gare dans un secteur stratégique, rue Turgeon. «On se disait que si on réussissait à remettre le train sur ses rails, personne ne pourrait plus nous l’enlever», de faire valoir M. Fallu.

Afin de renforcer le quartier, la Ville rapatrie les circuits d’autobus de Rosemère autour de la gare pour en faire un vrai pôle intermodal et fait dévier la Route verte à proximité. Elle crée un parc linéaire et décide d’un programme de ravalement des façades de la rue commerciale, avant que les promoteurs n’amorcent le développement du secteur.

Au tournant du nouveau millénaire, la Ville acquiert plusieurs terrains et entreprend la construction des infrastructures municipales dans le secteur de la gare: routes, trottoirs et pistes cyclables, auxquels s’ajouteront la rocade d’autobus, le stationnement incitatif, le marché public, le stationnement municipal et le parc linéaire. Un investissement global de quatre millions de dollars. «Tous ces projets ont été réalisés avant même la première pelletée de terre. C’était le coup de barre à donner pour démontrer tout le sérieux de notre projet de développement», précise Normand Rousseau, directeur de l’urbanisme et du développement durable.

Une volonté planifiée
Dans l’élaboration de sa stratégie, la Ville de Sainte-Thérèse avait pris soin de manifester fermement et clairement son intention de suivre de près tout développement autour de la gare. «Il n’y a pas de place à l’improvisation dans notre plan d’urbanisme. Ce projet a été longuement réfléchi et pensé», d’indiquer M. Rousseau.

Dans ce contexte, les autorités municipales ont choisi les promoteurs les plus aptes à réaliser les immeubles conformément au plan directeur, au plan d’urbanisme et aux règlements de zonage approuvés. C’est ainsi qu’au cours des trois dernières années, en plein cœur du village de Sainte-Thérèse, sont apparues plusieurs bâtisses: Les Cochères de la Gare, Place de la Gare, Le Manoir l’amitié n’a pas d’âge, et plus récemment, Le Bourg du Village. Un cinquième projet, Le Sage au piano est actuellement en voie de réalisation.

«À ce stade, l’ensemble du projet dépasse les objectifs de départ fixés par la Municipalité», rapporte M. Rousseau. À ce jour, le développement urbain de Sainte-Thérèse a généré quelque 60 millions de dollars en investissements privés, en plus de contribuer à la revitalisation de la rue Turgeon, une artère commerciale du centre-ville. «Et c’est loin d’être terminé. Il reste encore des terrains vacants dans ce secteur et nous prévoyons y travailler encore pour au moins dix ans», prévient M. Rousseau. À terme, la Ville de Sainte-Thérèse évalue sa contribution à 12 à 15 millions de dollars par rapport à un investissement privé estimé à plus de 150 millions de dollars. Dans dix ans, ce nouveau quartier accueillera au total entre 1 500 et 2 000 unités résidentielles de plus. «Ce projet, c’est l’approche d’une ville qui veut vivre en douceur, mais qui veut aussi se développer. On a transformé Sainte-Thérèse dans le respect des citoyens. Ceux qui sont déjà là et ceux qui s’en viennent», résume M. Fallu.

Mentionnons, en terminant, qu’avec seulement 9 % du total des périmètres urbains de la MRC, la Ville de Sainte-Thérèse accueille près de 20 % de la population totale. La Ville est cinq fois plus densément peuplée que les six autres villes de la MRC, fruit d’une politique soutenue de densification urbaine. Actuellement, le territoire municipal est occupé à plus de 95 %.

Historique
1849: La Ville de Sainte-Thérèse obtient un statut légal reconnu.
1875: Inauguration de la gare à Sainte-Thérèse.
1890: Début des industries de pianos qui marqueront l’histoire de la ville.
1950: Mouvement important de développement industriel, une conséquence directe de l’axe nouvellement construit de l’autoroute 15.
1985: Prise en charge, par les élus municipaux, du transport en commun.
1987: Adoption du premier schéma d’aménagement et de développement pour le territoire de la MRC de Thérèse-De Blainville.
1990: Création du Conseil métropolitain des transports collectifs, organisme dont le mandat est d’intégrer les transports collectifs à l’échelle de la région métropolitaine.
1995: Création de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), organisme qui prend la relève de la CMTC, pour la planification, l’expansion et la gestion du réseau de trains de banlieue reliant les banlieues à l’île de Montréal.
Ouverture du Centre culturel et communautaire Thérèse de Blainville.
1997: Remise en opération temporaire du train de banlieue reliant Sainte-Thérèse à Montréal.
1998: L’AMT procède, en accord avec la Ville, à la démolition de certains bâtiments industriels vacants et à certaines expropriations pour aménager un stationnement incitatif permanent pouvant accueillir 664 voitures.
2000: La MRC de Thérèse-De Blainville fait dorénavant partie du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).
2001: Adoption du premier projet de schéma d’aménagement révisé par les autorités régionales. Adoption du programme municipal de réaménagement et revitalisation des façades de la rue Turgeon, une initiative municipale, création de la Place du Village et réaménagement de l’intersection.
2002: Rapatriement des circuits du terminus d’autobus Rosemère vers la gare intermodale de Sainte-Thérèse et déviation du tracé de la Route verte à proximité de la gare.
2003: Les autorités municipales procèdent à l’achat de plusieurs terrains situés autour de la gare et à leur consolidation.
2004: Inauguration de la gare, construite et financée par les autorités municipales. Adoption d’un premier projet de construction proposé par les Habitations Viagère, Les Cochères de la Gare, un immeuble de quatre étages comprenant 94 unités résidentielles. Adoption d’un deuxième projet, Le Manoir l’amitié n’a pas d’âge, proposé par EMD Construction, un projet de sept étages et 123 unités résidentielles pour personnes âgées en perte d’autonomie. Un centre de la petite enfance privé de 80 places est intégré au rez-de-chaussée de l’immeuble. Ratio de stationnement: 0,7 par unité résidentielle.
2005: Approbation d’un troisième projet, Place de la Gare, proposé par les Habitations Viagère. Un immeuble de sept étages comprenant 132 unités résidentielles. Ratio de stationnement: 1,7 par unité résidentielle.
Adoption du quatrième projet, Le Bourg du Village, un projet de six étages et 180 unités locatives proposé par Transcorp Immobilier. Ratio de stationnement: 1,5 par unité résidentielle.
2006: Création d’un marché public.
2007: La construction d’un autre projet est amorcée, Le Sage au piano, un projet de 300 condos et logements locatifs spécialisés. Le troisième projet proposé par EMD Construction.