Au service d’une population de 700 000 âmes
Tricentris: une évolution fulgurante
Saviez-vous que la seule raison pour laquelle un matériau n’est pas recyclable, actuellement, c’est qu’aucun recycleur
n’a encore trouvé la façon de l’intégrer dans un cycle de production?

Caroline d’Astous

 

(Photo Michel Chartrand)

Le directeur des communications, Martin Lamoureux, présente quelques spécimens de matières non recyclables que les gens jettent dans leur bac, à la maison.

(Photo Michel Chartrand)

(Photo Michel Chartrand)

Tapis de tri où passe la matière.
L’opérateur du tracteur place les matières
sur les rails de la première étape de tri.


Ainsi, lorsqu’un marché se stabilise ou se perfectionne, le centre de tri Tricentris se dit prêt à ajouter la matière en question à la liste des matériaux pouvant être accueillis au centre.

C’est en 1990 que germe l’idée de fonder un centre de tri dans l’esprit de deux organismes de la région de Lachute. «Nous étions un des plus grands centres de tri au Québec au moment de sa mise sur pied», de dire Martin Lamoureux, directeur des communications pour Tricentris.

Convaincus du bien-fondé de leur projet, la Régie intermunicipale d’Argenteuil et de Deux-Montagnes (RIADM) ainsi que la Commission scolaire du Long-Sault vont unir leurs voix, en 1994. Le but: convaincre les municipalités de la région des Laurentides de participer au processus de mise sur pied d’un centre de tri pouvant accueillir l’ensemble des matières résiduelles du territoire.

«Sa première réalisation est la construction, durant l’hiver 1997-1998, d’un centre de tri. La nouvelle usine construite à Lachute a commencé à recevoir et à traiter les matières recyclables dès juin 1998», d’expliquer M. Lamoureux, spécifiant qu’au départ, le centre pouvait compter sur l’appui de 44 municipalités, en plus de la Commission scolaire.

Tri à la source
Profitant d’une superficie de près de 30 000 pieds carrés, chemin Félix-Touchette, à Lachute, Tricentris est l’un des deux plus importants centres de tri à l’échelle du Québec.

Après le processus du tri à la source, où il s’agit de trier à la maison ce qui est recyclable de ce qui ne l’est pas et de le déposer dans son bac de recyclage, chacune des matières est déversée dans le centre de tri par les camions des éboueurs.

Après le départ de chacun des camions, un tracteur dépose la matière sur des convoyeurs afin qu’elle soit acheminée au deuxième étage, où les opérations de tri commencent. Fait intéressant, le papier et le carton représentent 70 % du flot des matières recyclables et les contenants comptent pour 30 %.

Ainsi, avant qu’on en ait retiré la matière recyclable, les matériaux doivent traverser huit étapes qui permettront d’obtenir le meilleur tri avec le moins de rejet possible. «Actuellement, nous avons seulement entre 12 % et 15 % de rejet», indique M. Lamoureux, témoignant de la qualité du produit final.

Le processus de tri
Le personnel de Tricentris est majoritairement composé de trieuses qui retirent d’abord les objets non recyclables. «Nous recevons des objets de toutes sortes: tondeuses à gazon, tables de patio, bonbonnes de propane, etc., en plus de l’ennemi numéro un du centre de tri: le sac de plastique», mentionne M. Lamoureux.

Les gros cartons sont interceptés dès le début du processus, car ils flottent sur des rouleaux, alors que le reste des matières passe au travers pour rejoindre les séparateurs. Par la suite, les matières pêle-mêle sont projetées dans un séparateur, c’est-à-dire un dispositif qui permet de séparer, par friction et gravité, les papiers des contenants. Un second séparateur vient peaufiner le travail du premier.

Après le passage des matières à travers ces deux séparateurs, 50 % du tri a été effectué; l’autre 50 % sera complété par les trieuses. Le tri des canettes d’aluminium, des bouteilles et pots de verre s’effectue également à cette étape. Quant aux boîtes de conserve, elles sont triées à l’aide d’un aimant installé sur un convoyeur magnétique.

Nouveaux produits
Une fois triées, les matières sont accumulées dans des réserves situées au premier étage. Lorsqu’elles sont pleines, un convoyeur en dirige le contenu jusqu’à la presse, pour en faire des ballots.

Au total, Tricentris accueille 12 % des matières recyclables de l’ensemble du Québec: 17 % du papier et du carton, 16 % du verre, 3 % du plastique et 4 % du métal.

Avec une augmentation de 149 % des matières traitées depuis son ouverture et un chiffre d’affaires dépassant les cinq millions annuellement, le centre de tri vend maintenant ses matières recyclables jusqu’en Chine, de dire M. Lamoureux, précisant que les cubes de papiers intéressent beaucoup les Asiatiques.

Les programmes
En plus de créer des emplois directs, le centre encourage les secteurs connexes d’emploi dans l’ensemble des trois régions desservies. De plus, le centre a lancé divers programmes, dont Éco-parc, pour lequel les municipalités membres ont pu se partager une enveloppe totale de 83 643 $ en 2006. Par ce programme, le centre vise à prôner l’utilisation de matériaux recyclés dans les parcs municipaux.

Afin de sensibiliser la population au recyclage, Tricentris a également monté une pièce de théâtre qui est jouée dans les écoles du territoire. Une mascotte en forme de gros bac de recyclage bleu est également disponible pour les activités de sensibilisation dans les municipalités.

Par ailleurs, Tricentris redistribue des montants d’argent à travers les municipalités pour les activités,
dépliants et affiches de sensibilisation au recyclage.

Actuellement, l’équipe de travail comprend une cinquantaine d’employés qui ont traité 41 000 tonnes de matières recyclables en 2004, année où le chiffre d’affaires du centre a franchi le cap des quatre millions de dollars.