Entreprise commerciale de l’année et Grand Prix Investissement 2006
Faubourg Boisbriand voit grand
Depuis le tout début du projet, Faubourg Boisbriand a fait couler beaucoup d’encre. Tout un pan de l’histoire s’était terminé par la fermeture de la GM, en 2002, laquelle avait contribué à l’essor économique de la région durant 36 ans. Ainsi, après deux années sombres pour l’administration municipale de Boisbriand, l’arrivée d’un projet d’envergure sur ce site a été accueillie comme une bouffée d’air frais.

Isabelle Perreault

 

(Photo Michel Chartrand)

Le président de Faubourg Boisbriand, Pierre Martin.
La partie commerciale du Faubourg Boisbriand est presque complétée et les ouvertures de commerces
se succèdent à bon rythme. Leur positionnement à l’extérieur du périmètre, en plus d’offrir
une grande visibilité, sert également de mur antibruit afin de protéger le périmètre intérieur
destiné aux moyennes et petites surfaces ainsi qu’au village.


Acquis en 2004, le site a donc amorcé une métamorphose majeure qui en fera à terme un projet unique au pays, où cohabiteront des secteurs commercial, résidentiel, industriel de haute technologie et institutionnel. À la faveur d’un investissement total de 300 millions de dollars, la partie à dominante commerciale est en grande partie complétée. Cette première réalisation a retenu l’attention de la SODET (CLD), qui a décerné au Faubourg Boisbriand le prix Entreprise commerciale de l’année ainsi que le Grand Prix Investissement 2006.

«L’urbanisme et l’architecture du Faubourg Boisbriand, la grande étendue du terrain, le zonage multifonctionnel et sa situation au cœur même d’une zone urbaine qui connaît la plus grande croissance démographique du Grand Montréal, font de cette entreprise l’une des plus importantes de ce genre et l’une des plus originales aussi», souligne son président, Pierre Martin. Faubourg Boisbriand a été constituée en 2004 par Cherokee Investment Partners de Raleigh, Caroline du Nord, et des partenaires canadiens, dont principalement John C. Davies et Pierre Martin, spécifiquement pour acquérir et mettre en valeur le terrain de 10 millions de pieds carrés au carrefour des autoroutes 15 et 640, à Boisbriand.

Acquérir, restaurer et réutiliser l’espace
Cherokee Investment Partners est un fonds de financement par capitaux propres qui fait l’acquisition de sites pollués, les restaure et les réaménage dans une optique de développement durable. Selon cette entreprise, réhabiliter des installations existantes d’un acre permettrait de préserver 4,5 acres d’espaces verts. Depuis sa fondation en 1990, CIP a fait l’acquisition de plus de 520 sites en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest tout en protégeant les vendeurs, les futurs propriétaires et les communautés des risques et responsabilités associés à la dégradation de l’environnement. Sa principale caractéristique est d’accepter les projets généralement rejetés par les investisseurs traditionnels.

«Dans le présent cas, la décontamination a été minime, précise M. Martin. La contamination du sol incluait du pétrole provenant de fuites au niveau des réservoirs de stockage enterrés et d’un déversement d’huile. À la livraison du terrain par GM, le site répondait déjà aux normes commerciales et industrielles. L’expertise de CIP a permis l’atteinte des normes requises pour le développement résidentiel.» MM. Davies et Martin avaient au préalable identifié, analysé et présenté le projet à CIP, avant de le codiriger. Les deux hommes possèdent plus de 20 ans d’expérience dans le domaine immobilier: conception, gestion, mise en marché et transactions, souvent de projets à grand déploiement. «Pour réussir un projet d’une telle envergure, selon Pierre Martin, trois aspects sont essentiels: le réalisme, la vision et la constance, ce qui se traduit par la capacité à bien évaluer la situation, concevoir un plan de développement en faisant preuve d’imagination, et par la suite à demeurer le plus près possible de son plan.»

Justement, la première tâche de Faubourg Boisbriand a été de mettre au point, avec le concours de la Municipalité, un plan d’ensemble pour la mise en valeur du terrain correspondant au zonage multifonctionnel déjà en place. Des normes architecturales et urbaines l’accompagnent afin d’assurer des standards de qualité dans la construction des immeubles et dans les aménagements extérieurs, avec entre autres la plantation de 1 000 arbres. Le prochain défi sera lancé ce printemps, alors que l’entreprise s’attaquera au développement du secteur à dominante résidentielle. La construction prévue est de 1 650 unités d’habitation, dont la réalisation devrait se terminer en 2012. Cette deuxième phase représente un investissement de 380 millions de dollars.

L’année 2007 bourdonnera d’activité pour le Faubourg, puisque parallèlement, entre le secteur commercial et le secteur résidentiel, sera créé un centre-ville avec édifices municipaux, théâtre, grande place, ce qui devrait constituer le cœur de cet ensemble urbain. Et c’est l’année suivante qu’on prévoit donner forme au parc de haute technologie, qui pour sa part commandera un investissement de 120 millions de dollars et pour lequel Faubourg Boisbriand cherche à trouver le bon créneau. Par ailleurs, un autre joueur s’est ajouté en juin 2006. Selon la procédure usuelle de Cherokee Investment Partners, Faubourg Boisbriand a accueilli un partenaire, soit Kimco Reit, qui a acquis une participation de 50 % dans le volet commercial du projet et qui en assumera la gestion.

Quelques chiffres
Superficie, valeur, emploi. Tout est grand dans le projet de Faubourg Boisbriand, qui aspire à devenir le centre-ville des Basses-Laurentides et qui se veut tout de même à échelle humaine. Durant la construction sur les 10 millions de pieds carrés, le Faubourg Boisbriand générera 4 800 emplois directs et 3 200 emplois indirects. Par la suite, on attend 2 500 emplois permanents pour le volet commercial et 1 500 pour le volet industriel. Entre 4 000 et 5 000 résidants y vivront, pour un achalandage total de 45 000 à 50 000 personnes quotidiennement. Le projet aura d’importantes retombées économiques, avec une valeur imposable commerciale de 300 millions en 2007, résidentielle de 380 millions de dollars en 2013, et industrielle de 120 millions éventuellement, pour un total de 800 millions. Les revenus de taxation projetés pour la Ville de Boisbriand sont de 2 millions dès 2007, de 3 millions l’an prochain et de 10 millions de dollars à terme.

Il est donc étonnant de savoir que Faubourg Boisbriand proprement dit compte moins de dix employés! «Nous faisons appel à l’expertise externe de professionnels en urbanisme, architecture, ingénierie, gestion de construction, et pour ce qui a trait aux questions légales et financières. Depuis le début, notre philosophie est de travailler intimement avec le milieu – au premier chef de la municipalité – de façon à assurer une intégration positive du projet dans la communauté», conclut M. Martin.