Acquis en 2004, le site a donc amorcé une métamorphose
majeure qui en fera à terme un projet unique au pays, où
cohabiteront des secteurs commercial, résidentiel, industriel de
haute technologie et institutionnel. À la faveur d’un investissement
total de 300 millions de dollars, la partie à dominante commerciale
est en grande partie complétée. Cette première réalisation
a retenu l’attention de la SODET (CLD), qui a décerné
au Faubourg Boisbriand le prix Entreprise commerciale de l’année
ainsi que le Grand Prix Investissement 2006.
«L’urbanisme et l’architecture du Faubourg Boisbriand,
la grande étendue du terrain, le zonage multifonctionnel et sa
situation au cœur même d’une zone urbaine qui connaît
la plus grande croissance démographique du Grand Montréal,
font de cette entreprise l’une des plus importantes de ce genre
et l’une des plus originales aussi», souligne son président,
Pierre Martin. Faubourg Boisbriand a été constituée
en 2004 par Cherokee Investment Partners de Raleigh, Caroline du Nord,
et des partenaires canadiens, dont principalement John C. Davies et Pierre
Martin, spécifiquement pour acquérir et mettre en valeur
le terrain de 10 millions de pieds carrés au carrefour des autoroutes
15 et 640, à Boisbriand.
Acquérir, restaurer et réutiliser l’espace
Cherokee Investment Partners est un fonds de financement par capitaux
propres qui fait l’acquisition de sites pollués, les restaure
et les réaménage dans une optique de développement
durable. Selon cette entreprise, réhabiliter des installations
existantes d’un acre permettrait de préserver 4,5 acres d’espaces
verts. Depuis sa fondation en 1990, CIP a fait l’acquisition de
plus de 520 sites en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest
tout en protégeant les vendeurs, les futurs propriétaires
et les communautés des risques et responsabilités associés
à la dégradation de l’environnement. Sa principale
caractéristique est d’accepter les projets généralement
rejetés par les investisseurs traditionnels.
«Dans le présent cas, la décontamination a été
minime, précise M. Martin. La contamination du sol incluait du
pétrole provenant de fuites au niveau des réservoirs de
stockage enterrés et d’un déversement d’huile.
À la livraison du terrain par GM, le site répondait déjà
aux normes commerciales et industrielles. L’expertise de CIP a permis
l’atteinte des normes requises pour le développement résidentiel.»
MM. Davies et Martin avaient au préalable identifié, analysé
et présenté le projet à CIP, avant de le codiriger.
Les deux hommes possèdent plus de 20 ans d’expérience
dans le domaine immobilier: conception, gestion, mise en marché
et transactions, souvent de projets à grand déploiement.
«Pour réussir un projet d’une telle envergure, selon
Pierre Martin, trois aspects sont essentiels: le réalisme, la vision
et la constance, ce qui se traduit par la capacité à bien
évaluer la situation, concevoir un plan de développement
en faisant preuve d’imagination, et par la suite à demeurer
le plus près possible de son plan.»
Justement, la première tâche de Faubourg Boisbriand a été
de mettre au point, avec le concours de la Municipalité, un plan
d’ensemble pour la mise en valeur du terrain correspondant au zonage
multifonctionnel déjà en place. Des normes architecturales
et urbaines l’accompagnent afin d’assurer des standards de
qualité dans la construction des immeubles et dans les aménagements
extérieurs, avec entre autres la plantation de 1 000 arbres. Le
prochain défi sera lancé ce printemps, alors que l’entreprise
s’attaquera au développement du secteur à dominante
résidentielle. La construction prévue est de 1 650 unités
d’habitation, dont la réalisation devrait se terminer en
2012. Cette deuxième phase représente un investissement
de 380 millions de dollars.
L’année 2007 bourdonnera d’activité pour le
Faubourg, puisque parallèlement, entre le secteur commercial et
le secteur résidentiel, sera créé un centre-ville
avec édifices municipaux, théâtre, grande place, ce
qui devrait constituer le cœur de cet ensemble urbain. Et c’est
l’année suivante qu’on prévoit donner forme
au parc de haute technologie, qui pour sa part commandera un investissement
de 120 millions de dollars et pour lequel Faubourg Boisbriand cherche
à trouver le bon créneau. Par ailleurs, un autre joueur
s’est ajouté en juin 2006. Selon la procédure usuelle
de Cherokee Investment Partners, Faubourg Boisbriand a accueilli un partenaire,
soit Kimco Reit, qui a acquis une participation de 50 % dans le volet
commercial du projet et qui en assumera la gestion.
Quelques chiffres
Superficie, valeur, emploi. Tout est grand dans le projet de Faubourg
Boisbriand, qui aspire à devenir le centre-ville des Basses-Laurentides
et qui se veut tout de même à échelle humaine. Durant
la construction sur les 10 millions de pieds carrés, le Faubourg
Boisbriand générera 4 800 emplois directs et 3 200 emplois
indirects. Par la suite, on attend 2 500 emplois permanents pour le volet
commercial et 1 500 pour le volet industriel. Entre 4 000 et 5 000 résidants
y vivront, pour un achalandage total de 45 000 à 50 000 personnes
quotidiennement. Le projet aura d’importantes retombées économiques,
avec une valeur imposable commerciale de 300 millions en 2007, résidentielle
de 380 millions de dollars en 2013, et industrielle de 120 millions éventuellement,
pour un total de 800 millions. Les revenus de taxation projetés
pour la Ville de Boisbriand sont de 2 millions dès 2007, de 3 millions
l’an prochain et de 10 millions de dollars à terme.
Il est donc étonnant de savoir que Faubourg Boisbriand proprement
dit compte moins de dix employés! «Nous faisons appel à
l’expertise externe de professionnels en urbanisme, architecture,
ingénierie, gestion de construction, et pour ce qui a trait aux
questions légales et financières. Depuis le début,
notre philosophie est de travailler intimement avec le milieu –
au premier chef de la municipalité – de façon à
assurer une intégration positive du projet dans la communauté»,
conclut M. Martin.
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