En favorisant la verdure de votre patelin, sans augmenter les taxes

ÉcoAd pousse un peu partout
Son diplôme de M.B.A. le menait directement des banquettes de l’Université de Montréal sur le chemin des affaires, et c’est en droite ligne que Sébastien Léonard s’engageait donc dans le monde publicitaire.

Luc Proulx


(Photo Yves Déry)




Sébastien Léonard, créateur de ÉcoAd
Jusqu’ici, neuf commerçants de Bois-des-Filion ont permis à Sébastien Léonard de planter 25 jeunes arbres de huit à dix pieds de hauteur dans leur localité.
L’entreprise qui finance un arbre, y verra placée une affiche directionnelle avec son nom et son logo, à même l’armature protectrice de fer forgé entourant le tronc.


Mais une insatisfaction s’est peu à peu installée dans son esprit au fil de sa pratique professionnelle, qu’on pourrait résumer dans le souhait d’avoir un projet personnel qui reconnaisse la valeur du consommateur à titre de citoyen, en conciliant consommation et écologie.

Or, c’est l’environnement qui s’est avéré le terreau d’implantation de sa jeune entreprise baptisée ÉcoAd, laquelle s’évertue depuis deux ans à concilier le monde municipal et celui des affaires dans une volonté commune de bonification du patrimoine vert. Voyons donc le fonctionnement de cette jeune entreprise novatrice qui séduit plusieurs municipalités du Québec, à commencer par Bois-des-Filion, où ÉcoAd a favorisé la plantation d’une trentaine de jeunes pins blancs, aux abords de la 41e Avenue et de l’autoroute 19, sans aucuns frais pour les contribuables, puisque cet investissement s’ajoute au budget environnemental de la Ville sans gonfler votre compte de taxes.

Les idées simples sont toujours les meilleures. Voilà sans doute comment caractériser ce partenariat tout à fait original entre la gestion publique et l’entreprise privée, dans une optique d’intérêt communautaire.

Sébastien Léonard rencontre d’abord les représentants municipaux, avant d’offrir le service ÉcoAd aux commerçants, par respect des différentes législations et des particularités municipales, d’autant plus que la Ville décidera de l’endroit où seront plantés les arbres, ainsi que les essences que l’on privilégiera. L’entreprise qui finance un arbre, sur lequel sera placée une affiche directionnelle avec son nom et son logo, à même l’armature protectrice de fer forgé entourant le tronc, permettra de surcroît la plantation de deux autres arbres dans un endroit déterminé par la Municipalité. Ainsi, l’administration municipale pourrait utiliser ces deux arbres supplémentaires pour verdir ses parcs, comme pour améliorer l’aspect bucolique d’un quartier résidentiel, sans aucuns frais. C’est de cette façon que neuf commerçants de Bois-des-Filion ont permis à Sébastien Léonard de planter 25 jeunes arbres de huit à dix pieds de hauteur dans leur localité.

À tous les trois arbres, l’adhérant obtient donc deux affiches pointant la direction à suivre pour arriver à son commerce. Sébastien Léonard signe d’abord une entente triennale avec la Ville, à l’intérieur de laquelle chacune des entreprises renouvelle son contrat personnel annuellement. «En captant l’attention des consommateurs de façon
positive et en contribuant à la communauté, tout le monde y gagne», analyse l’idéateur d’ÉcoAd, qui constate des retombées très positives et une validation de son concept dans l’accueil des gens. «Chaque projet devient un porte-parole de l’autre», constate-t-il dans ses pérégrinations municipales, d’autant plus que cette publicité, on ne peut plus intégrée, bénéficie à sa seconde année d’un renouvellement qui frôle les 100 %.

Embellissement, captation du CO2 et mur antibruit s’avèrent autant de bénéfices de son commerce éthique et tout à fait équitable pour toutes les parties. D’ailleurs, Sébastien Léonard apprécie tout particulièrement traiter avec le monde municipal. «C’est là que l’on peut faire arriver les choses», constate-t-il avec enthousiasme. C’est du concret.»

Il ne fait pas de doute, à converser avec cet entrepreneur dans la jeune trentaine, que «concilier les intérêts de chacun et favoriser l’essor économique», selon ses propres termes, constituent les deux pôles économique et écologique de sa jeune entreprise, qui fait école en la matière. ÉcoAd s’enracine donc progressivement dans la MRC de Thérèse-De Blainville, en favorisant la verdure de votre patelin, sans augmenter les taxes.