Dans le même sens, nous savons également que les
activités d’extraction et de fabrication sont responsables
des principaux problèmes de pollution: pollution des eaux, réchauffement
climatique sous l’accumulation de gaz à effet de serre, contamination
et érosion des sols, dégradation des écosystèmes
et diminution de la biodiversité. Soucieux d’intervenir pour
contrer la pollution, le gouvernement du Québec a décidé
de mettre en œuvre une stratégie pour valoriser une saine
gestion des matières résiduelles.
Implantation de nouvelles valeurs
À la fin des années 1980, le Québec adoptait sa toute
première Politique de gestion intégrée des déchets
solides. Cette politique fixait un objectif de réduction de 50
% des déchets envoyés à l’élimination
en l’an 2000. Notons qu’en 1989, la quantité de matières
résiduelles éliminées était de 5,7 millions
de tonnes sur une quantité générée de sept
millions de tonnes. Ainsi, un peu moins de 1,3 million de tonnes de matières
résiduelles étaient mises en valeur.
Fait inquiétant, dix ans plus tard, la quantité de matières
résiduelles générées est passée à
8,3 millions de tonnes alors que la quantité éliminée
est de 5,3 millions de tonnes. Même si cela représente plus
de trois millions de tonnes de matières résiduelles mises
en valeur, soit plus du double qu’en 1989, le taux de réduction
à l’élimination n’est que de 10,8 %, très
loin de l’objectif de 50 % de la politique de 1989, et ce, en partie
parce que les matières résiduelles générées
ont augmenté de 1,3 million de tonnes.
En regard de ce bilan, le gouvernement du Québec a adopté,
à la fin des années 1990, une nouvelle Politique québécoise
de gestion des matières résiduelles qui propose une gestion
plus respectueuse de l’environnement.
Objectif
Séparée en trois secteurs, cette politique, dont l’échéance
arrive en 2008, a pour but de réduire le volume des matières
qui sont envoyées dans les sites d’enfouissement de la Belle
Province.
Considérée comme une politique audacieuse par certains,
la Politique de gestion des matières résiduelles a pour
objectif général de mettre en valeur au moins 65 % des matières
résiduelles annuellement.
Dans ce dessein, le gouvernement souhaite que tous les secteurs de la
société apportent leur contribution. Des objectifs de valorisation
ont été fixés pour chaque secteur et pour chaque
matière. Notons que la réduction des résidus destinés
à l’élimination permet d’économiser
l’espace occupé dans les lieux d’enfouissement, ce
qui a pour effet d’en prolonger la durée de vie utile et
de restreindre le besoin d’en créer des nouveaux.
Volet municipal
Premier acteur concerné par la politique, le monde municipal a
pour objectif de trouver des stratégies pour réduire le
volume de déchets envoyés dans les sites d’enfouissement.
Parmi ceux-ci, 60 % du verre, du plastique, du métal, des fibres,
des résidus encombrants et des matières putrescibles; 80
% des contenants de bière et de boissons gazeuses à remplissage
unique; 50 % des textiles; 20 % des métaux non consignés;
75 % des huiles, des peintures et des pesticides, aussi appelés
résidus domestiques dangereux; et finalement, 60 % de tous les
autres résidus domestiques dangereux.
Au niveau des entreprises, des commerces et des institutions, les objectifs
sont 70 % pour ce qui est du plastique et des fibres, du bois et des textiles;
95 % des métaux et du verre; 60 % des matières putrescibles
et 85 % pour les pneus.
Dernier secteur concerné par la politique, l’industrie de
la construction et de la rénovation est appelée à
faire sa part en trouvant des solutions pour réduire 60 % de toutes
les matières rejetées et qui peuvent être mises en
valeur.
Fait intéressant, si le taux actuel de génération
des résidus se maintient, l’atteinte de ces objectifs fera
passer la quantité de matières mises en valeur à
près de sept millions de tonnes en l’an 2008 (trois millions
en 1996).
Le rôle de Recyc-Québec
Pour assurer l’intégration et la complémentarité
des actions visant la récupération et la valorisation des
matières résiduelles, telles qu’intégrées
à l’intérieur de la politique, l’organisme Recyc-Québec
coordonnera leur mise en œuvre dans tout le Québec.
Ainsi, tous les deux ans, un bilan de la gestion des matières résiduelles
au Québec sera publié par l’organisme. À partir
de ces bilans, le gouvernement réévaluera les orientations
de la politique sur une base quinquennale.
Fait intéressant, on se retrouve, en 2000, avec plus de sept millions
de tonnes à éliminer, comparativement à
environ 5,7 millions de tonnes en 1988. Il s’agit d’une
augmentation de 23 %.
Interrogée quant à l’application de la politique jusqu’à
maintenant, la vice-présidente, Communications, sensibilisation
et éducation, chez Recyc-Québec, Johanne Riverin, se fait
rassurante. «Vingt-neuf actions ont été mises en place
afin de réaliser les objectifs», explique-t-elle.
Parmi les points forts, Mme Riverin relève que les commerces ont
déjà atteint 80 % de leur objectif à l’échelle
du Québec. «L’environnement est devenu un enjeu de
grande importance. Ce que la politique tient à promouvoir, c’est
une exploitation intelligente des ressources», précise-t-elle.
Notons qu’au niveau des municipalités, en 2004, l’objectif
était atteint à 49 %. «En 2008, l’ensemble des
municipalités devrait avoir atteint 50 % de l’objectif»,
ajoute Mme Riverin.
MRC de Thérèse-De Blainville
Manifestement fière de l’arrivée des nouveaux bacs
de recyclage, la Ville de Blainville a réussi, en une année,
grâce à la collecte robotisée, à augmenter
le nombre de matières recyclées sur son territoire.
«En 2006, nous avons eu 51 240 tonnes, comparativement à
47 158 en 2005», de révéler le directeur du développement
des services urbains, Éric de La Sablonnière, précisant
que la Ville possède un site de matières dangereuses ouvert
à l’année. «Nous n’allons pas nécessairement
atteindre notre objectif, mais nous allons nous en approcher», lance-t-il.
Mettant beaucoup d’efforts depuis deux ans en faveur de l’environnement,
la Ville de Rosemère a également fait une avancée
considérable. Ainsi, en 2006, la Ville a mis à la disposition
des citoyens des bacs de compostage. «Nous pensions en distribuer
une centaine et nous avons eu plus de 600 demandes de la part de nos citoyens»,
indique Michel Girouard, directeur des communications à Rosemère.
Questionné sur l’objectif, le directeur confie que la Ville
a atteint 38,75 % de son objectif jusqu’à maintenant. «Nous
sommes très confiants pour 2008», indique-t-il, précisant
que plusieurs actions seront mises de l’avant en 2007. «Nous
allons mettre de l’emphase sur les commerces pour 2007», dit-il.
Notons que la MRC de Thérèse-De Blainville est
composée de sept villes: Blainville, Boisbriand, Rosemère,
Lorraine, Bois-des-Filion, Sainte-Thérèse et Sainte-Anne-des-Plaines.
On y recense quelque 131 000 citoyens, 2 000 commerces et 280 entreprises
manufacturières.
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