Ferme Bons-Bons légumes bio
Les dessous de la culture biologique
Toute jeune, Marie-Claude Jetté rêvait d’être à son compte. À 26 ans, son rêve s’est concrétisé. Propriétaire depuis six ans de la ferme Bons-Bons légumes bio, une entreprise spécialisée dans la culture biologique et certifiée par Québec Vrai, la jeune femme produit quelque 40 variétés de fruits et légumes issues des plus vieilles traditions, soit de l’agriculture sans pesticides ni polluants.

Valérie Schmaltz

 

(Photo Michel Chartrand)

(Photo Michel Chartrand)

Marie-Claude Jetté présente un panier de légumes biologiques.
En pleine période de pointe, tout le monde met la main à la pâte. On reconnaît les parents de Marie-Claude Jetté, Michel Jetté et Réjeanne Huot, son conjoint, Patrick Prud’homme, et bébé Asaliah.


Alors que la nutrition saine gagne en popularité un peu partout dans le monde, l’entreprise de Marie-Claude Jetté connaît un bel essor depuis les dernières années puisqu’elle répond en tous points aux critères d’une bonne alimentation.

«J’ai été élevée dans l’agriculture, donc je savais ce qui m’attendait», soutient la jeune femme, en ajoutant avoir travaillé pour d’autres producteurs biologiques avant de se lancer en solo dans la grande aventure.

Effectivement, exploiter une ferme n’est pas de tout repos puisque les heures de travail ne ressemblent aucunement à des horaires réguliers et surtout durant la période de pointe. Le vrai travail commence donc au mois de mars alors que les semis sont plantés dans la pouponnière, et ce, en attente d’être replantés dans les champs dès le mois de mai. C’est alors la famille au grand complet qui contribue aux travaux agricoles.

Aidés de ses parents, dont l’entreprise côtoie la sienne, de son conjoint, Patrick Prud’homme, qui travaille à l’extérieur de la Ville de Mirabel, et même de bébé Asaliah, 18 mois, la maisonnée n’hésite donc pas à mettre la main à la pâte durant la saison chaude en dépit des employés qui œuvrent déjà sur les 4,5 hectares de terres arables.

«C’est en mai que nous commençons le travail à temps plein puisqu’il faut planter, désherber et récolter», explique Mme Jetté. «Et les premiers paniers sont généralement prêts vers la fin juin.»

Livraison de paniers en ASC
L’Agriculture soutenue par la communauté (ASC), appelée également paniers bio, est un concept qui rattache les gens à des fermes biologiques locales. En achetant une part de récolte à l’avance par le biais de ces paniers, les gens contribuent à l’essor de ces fermes maraîchères.

«Nos paniers, à raison de 15 par saison, sont vendus à des particuliers. Les gens viennent les chercher à deux points de chute, soit à l’Oasis de Blainville ou à la Moisson de Sainte-Thérèse. Quant aux touristes, ils peuvent venir chercher occasionnellement des légumes directement sur place», mentionne l’agricultrice.

Les paniers diffèrent de semaine en semaine. Selon la saison, fruits et légumes sont disponibles et offerts aux particuliers qui se sont engagés par écrit à bénéficier de ces paniers durant 15 semaines.

Selon Équiterre, 107 fermes ont participé au sein du réseau des projets d’ASC au Québec en 2006. De ce nombre, 82 offrent le fruit de leurs récoltes et les viandes de leurs élevages alors que les 25 autres offrent à ces fermes des produits qui peuvent être offerts en commandes additionnelles (comme miel, produits de la pomme, fromages et ainsi de suite). Équiterre estime qu’environ 8 600 paniers bio seront offerts cette année, ces derniers approvisionnant au bas mot 24 000 personnes dans la province.

De plus, fait notable, les projets d’ASC revêtent une dimension sociale importante en raison des liens qui se tissent entre les participants et les agriculteurs locaux.

Aujourd’hui, la ferme Bons-Bons légumes bio peut compter sur 135 clients qui viennent se servir hebdomadairement de légumes et de fruits cultivés en terre biologique.

Tributaire de la météo
Ils ne le cacheront pas. Les agriculteurs sont dépendants des aléas de la météo. Bien que leur rêve collectif serait de recevoir une bonne pluie d’été après chaque transplantation, la réalité est parfois tout autre.

«Si l’été est trop sec, les légumes sont moins gros. À l’inverse, s’il pleut tout le temps, par exemple, les laitues pourrissent et les courges se conservent moins longtemps.»

La jeune femme doit donc faire preuve de vigilance en vérifiant l’état de ses champs et de ses terres sitôt la plantation effectuée.

«Parfois, il faut irriguer les terres et attendre que le vent tombe pour le faire. Ça nous mène souvent à travailler après une journée de travail, mais quelle fierté de voir les champs par la suite», souligne-t-elle les yeux brillants.

Comme tout entrepreneur, Mme Jetté aspire à voir s’accroître sa production de paniers. Mais pour cela, elle devra augmenter son personnel en tenant compte des difficultés qui s’y rattachent.

«L’expérience m’a appris qu’il est impossible d’avoir des employés trop jeunes. Ils n’ont pas d’endurance ni la capacité physique pour passer des journées entières dans les champs. Quant aux employés adultes, ce n’est pas une mince affaire puisque le défi est de les garder. Moi-même quand je commence la saison, j’ai un peu de difficulté à m’adapter puisque le physique est tout le temps sollicité dans les champs ou ailleurs sur la ferme.»

À quelques semaines de l’arrivée du printemps, Marie-Claude Jetté ressent déjà l’excitation qui précède le lancement de la nouvelle saison. À la barre de son carnet de commandes où elle a consigné par écrit tous les noms des prochains semis, elle ne devrait désormais plus attendre très longtemps encore puisque la marmotte a promis, le 2 février dernier, un printemps précoce!

La ferme Bons-Bons légumes bio est située au 4813, route Sir-Wilfrid-Laurier, à Mirabel. Renseignements supplémentaires au 450-258-3138.