| Marie-Claude
Jetté présente un panier de légumes biologiques. |
En
pleine période de pointe, tout le monde met la main à la
pâte. On reconnaît les parents de Marie-Claude Jetté,
Michel Jetté et Réjeanne Huot, son conjoint, Patrick Prud’homme,
et bébé Asaliah. |
Alors que la nutrition saine gagne en popularité un peu
partout dans le monde, l’entreprise de Marie-Claude Jetté
connaît un bel essor depuis les dernières années puisqu’elle
répond en tous points aux critères d’une bonne alimentation.
«J’ai été élevée dans l’agriculture,
donc je savais ce qui m’attendait», soutient la jeune femme,
en ajoutant avoir travaillé pour d’autres producteurs biologiques
avant de se lancer en solo dans la grande aventure.
Effectivement, exploiter une ferme n’est pas de tout repos puisque
les heures de travail ne ressemblent aucunement à des horaires
réguliers et surtout durant la période de pointe. Le vrai
travail commence donc au mois de mars alors que les semis sont plantés
dans la pouponnière, et ce, en attente d’être replantés
dans les champs dès le mois de mai. C’est alors la famille
au grand complet qui contribue aux travaux agricoles.
Aidés de ses parents, dont l’entreprise côtoie la sienne,
de son conjoint, Patrick Prud’homme, qui travaille à l’extérieur
de la Ville de Mirabel, et même de bébé Asaliah, 18
mois, la maisonnée n’hésite donc pas à mettre
la main à la pâte durant la saison chaude en dépit
des employés qui œuvrent déjà sur les 4,5 hectares
de terres arables.
«C’est en mai que nous commençons le travail à
temps plein puisqu’il faut planter, désherber et récolter»,
explique Mme Jetté. «Et les premiers paniers sont généralement
prêts vers la fin juin.»
Livraison de paniers en ASC
L’Agriculture soutenue par la communauté (ASC), appelée
également paniers bio, est un concept qui rattache les gens à
des fermes biologiques locales. En achetant une part de récolte
à l’avance par le biais de ces paniers, les gens contribuent
à l’essor de ces fermes maraîchères.
«Nos paniers, à raison de 15 par saison, sont vendus à
des particuliers. Les gens viennent les chercher à deux points
de chute, soit à l’Oasis de Blainville ou à la Moisson
de Sainte-Thérèse. Quant aux touristes, ils peuvent venir
chercher occasionnellement des légumes directement sur place»,
mentionne l’agricultrice.
Les paniers diffèrent de semaine en semaine. Selon la saison, fruits
et légumes sont disponibles et offerts aux particuliers qui se
sont engagés par écrit à bénéficier
de ces paniers durant 15 semaines.
Selon Équiterre, 107 fermes ont participé au sein du réseau
des projets d’ASC au Québec en 2006. De ce nombre, 82 offrent
le fruit de leurs récoltes et les viandes de leurs élevages
alors que les 25 autres offrent à ces fermes des produits qui peuvent
être offerts en commandes additionnelles (comme miel, produits de
la pomme, fromages et ainsi de suite). Équiterre estime qu’environ
8 600 paniers bio seront offerts cette année, ces derniers approvisionnant
au bas mot 24 000 personnes dans la province.
De plus, fait notable, les projets d’ASC revêtent une dimension
sociale importante en raison des liens qui se tissent entre les participants
et les agriculteurs locaux.
Aujourd’hui, la ferme Bons-Bons légumes bio peut compter
sur 135 clients qui viennent se servir hebdomadairement de légumes
et de fruits cultivés en terre biologique.
Tributaire de la météo
Ils ne le cacheront pas. Les agriculteurs sont dépendants des aléas
de la météo. Bien que leur rêve collectif serait de
recevoir une bonne pluie d’été après chaque
transplantation, la réalité est parfois tout autre.
«Si l’été est trop sec, les légumes sont
moins gros. À l’inverse, s’il pleut tout le temps,
par exemple, les laitues pourrissent et les courges se conservent moins
longtemps.»
La jeune femme doit donc faire preuve de vigilance en vérifiant
l’état de ses champs et de ses terres sitôt la plantation
effectuée.
«Parfois, il faut irriguer les terres et attendre que le vent tombe
pour le faire. Ça nous mène souvent à travailler
après une journée de travail, mais quelle fierté
de voir les champs par la suite», souligne-t-elle les yeux brillants.
Comme tout entrepreneur, Mme Jetté aspire à voir s’accroître
sa production de paniers. Mais pour cela, elle devra augmenter son personnel
en tenant compte des difficultés qui s’y rattachent.
«L’expérience m’a appris qu’il est impossible
d’avoir des employés trop jeunes. Ils n’ont pas d’endurance
ni la capacité physique pour passer des journées entières
dans les champs. Quant aux employés adultes, ce n’est pas
une mince affaire puisque le défi est de les garder. Moi-même
quand je commence la saison, j’ai un peu de difficulté à
m’adapter puisque le physique est tout le temps sollicité
dans les champs ou ailleurs sur la ferme.»
À quelques semaines de l’arrivée du printemps, Marie-Claude
Jetté ressent déjà l’excitation qui précède
le lancement de la nouvelle saison. À la barre de son carnet de
commandes où elle a consigné par écrit tous les noms
des prochains semis, elle ne devrait désormais plus attendre très
longtemps encore puisque la marmotte a promis, le 2 février dernier,
un printemps précoce!
La ferme Bons-Bons légumes bio est située au 4813, route
Sir-Wilfrid-Laurier, à Mirabel. Renseignements supplémentaires
au 450-258-3138.
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