À Blainville
Remous autour du projet de piscine
Valérie Maynard




Louis Lamarre

François Cantin


C’est une véritable bataille de mots autour de l’appellation du projet de construction de la piscine intérieure à laquelle se sont livrés le conseiller Louis Lamarre et le maire François Cantin, lors de la séance du conseil municipal de Blainville, le 15 janvier dernier. D’un côté, le maire désigne le projet de «centre récréo-aquatique», de l’autre, le conseiller n’en démord pas et le prétend «infrastructure régionale». «C’est une piscine pour les Blainvillois, qui répond aux besoins des Blainvillois et qui est à 100 % destinée aux Blainvillois», a martelé le maire en réponse aux allégations de M. Lamarre, qui déplore que les contribuables de Blainville aient à supporter seuls le fardeau d’une infrastructure régionale.

Rappelons qu’au total, ce projet de piscine représente un investissement de quelque 15 millions de dollars que se partageront, en parts égales, la Ville de Blainville et le gouvernement du Québec. «C’est un projet exceptionnel. Et je suis extrêmement à l’aise avec tout le travail, tant du point de vue politique que technique, qui a été fait depuis un an et demi dans ce dossier», d’ajouter le maire avant de poursuivre: «Tout est actuellement mis en œuvre pour que le centre récréo-aquatique soit fin prêt pour les Jeux du Québec hiver 2009 qui se dérouleront, comme vous le savez, chez nous, et qui, nous l’espérons, laisseront un souvenir impérissable dans le cœur de ceux qui y auront participé. Ensuite, après les Jeux, l’équipement demeurera bien sûr à Blainville et profitera aux gens de Blainville. Ce sera une flèche de plus dans l’arc des loisirs de la Ville.»

Manque de transparence
Par ailleurs, un article publié dans le quotidien La Presse, en date du 15 janvier 2008 et intitulé La transparence mise en cause à Blainville, a également soulevé plusieurs questions, notamment de la part d’un citoyen, John Babiak, qui a profité de la période de questions pour demander des explications au maire. «Laissez-moi d’abord faire une mise au point: ce que nous lisons et entendons dans les médias ne reflète pas toujours la réalité», a d’emblée évoqué le maire, visiblement prêt à répondre aux questions. «Le dossier de la piscine intérieure va très bien et tout est fait selon les normes et dans la légalité», a-t-il affirmé. S’appuyant sur les faits chronologiques qui ont marqué l’évolution du dossier depuis son élection en 2005, le maire, faisant souvent appel à l’expertise de Gaston Courtemanche, directeur du Génie, et de Paul Allard, directeur général, pour valider ses réponses, a maintes fois répété que tout avait été fait dans la légalité et selon les normes en vigueur. À son droit de parole, le conseiller Louis Lamarre est revenu à la charge auprès du maire. «Aujourd’hui, ce qui me préoccupe au plus haut point, c’est de constater que des mandats ont été donnés à des professionnels sans qu’ils aient fait préalablement l’assentiment du conseil», a-t-il déploré devant la non-concordance des dates. En effet, le contrat de réalisation des plans conceptuels à la firme Tremblay L’Écuyer a été accordé par résolution du conseil, le 6 mars 2007. Or, les plans remis à la Ville par cette même firme sont plutôt datés du 30 janvier 2007, soit deux mois plus tôt. Ce à quoi le maire a rétorqué que cette procédure – octroyer un contrat avant de l’entériner – était tout à fait légale et a du coup permis d’intégrer les frais au règlement d’emprunt global du projet. Quant à l’absence du logo de l’architecte concepteur sur les plans de soumission, le maire soutient que techniquement, comme ce ne sont pas des plans d’architecte, mais plutôt des plans conceptuels, l’architecte n’avait pas à les signer. «Je ne sais pas qui essaie de faire mal paraître la Ville alors que ce projet est exceptionnel. C’est de la petite politique et de la désinformation. Je n’embarque pas là-dedans», a-t-il conclu.

Référence: Éveil
19 janvier 2008