L’entaillage est l’étape la plus importante des opérations d’exploitation, et pour réaliser cette opération, il faut être observateur. Observateur pour repérer les blessures (ancienne entaille, fentes, chancres, perceur), mais aussi pour évaluer l’état de santé de l’érable.
Dans un premier temps, il faut savoir que l’entaille est une blessure. En réaction, l’érable réagit en isolant les cellules du bois ainsi exposées à l’air libre en faisant mourir les cellules environnantes (compartimentage). La zone ainsi compartimentée sera aussi profonde que l’entaille réalisée, à peine plus large et d’une hauteur pouvant aller de 8 à 20 pouces de part et d’autre de l’entaille.
Ainsi, l’acériculteur prendra soin de positionner sa nouvelle entaille de 2 à 3 pouces à côté d’une ancienne blessure, mais aussi en faisant varier la hauteur, de façon à ne pas être à moins de 15 pouces au-dessus ou au-dessous d’une ancienne entaille.
Pour déterminer la profondeur de l’entaille, l’acériculteur doit rechercher l’endroit qui lui permettra de réaliser cette dernière dans un bois sain (couleur pâle). Pour un arbre vigoureux, l’entaille peut atteindre une profondeur de 2 à 2 ½ po, alors que pour un arbre malade ou dépérissant, il est plus risqué d’atteindre une zone de bois coloré si l’on excède une profondeur de 1 ¼ - 1 ½ po, ce qui se répercute habituellement par une perte de vacuum à l’entaille.
Ainsi, afin d’être en mesure d’entailler année après année, l’acériculteur doit maintenir un certain niveau de croissance en diamètre. Contrairement à la croyance populaire, l’entaille ne se «remplit» pas. Il est également bien connu que les érablières ayant de faibles taux de croissance ont tendance à voir leur rendement acéricole diminuer d’année en année à cause de l’accumulation plus rapide des blessures d’entaille que l’accumulation de nouveau bois productif.
Des travaux réalisés au Centre Acer montrent que pour maintenir un rendement soutenu en sirop d’érable, il est important que le peuplement maintienne une croissance radiale minimale de 1,5 mm par année pourvu que le producteur pratique un entaillage selon les normes, et qu’il favorise l’utilisation du chalumeau à diamètre réduit.
Une étude sur la croissance des érables à sucre réalisée par le Club acéricole des Pays-d’en-Haut auprès de 11 acériculteurs des Hautes-Laurentides, montre que chez 10 des 11 producteurs, la croissance a déjà dépassé le seuil de 1,5 mm par année, nécessaire pour maintenir une production de sève soutenue.
Par contre, au cours des dernières années, la croissance s’est maintenue au-dessus de ce seuil chez seulement 4 des 11 producteurs. Il y a donc lieu de croire que même si l’historique d’entaillage est jeune dans cette région, d’ici quelques années, des pertes de production dues aux blessures d’entaillage sont à prévoir si des travaux de remise en production ne sont pas réalisés.
L’acériculteur a donc intérêt à connaître le niveau de croissance et à aménager son boisé s’il désire maintenir un niveau de production intéressant. Pour plus d’information à ce sujet ou pour tout autre point d’intérêt touchant l’acériculture, vous pouvez contacter Andrée Gagnon, ingénieure forestière au Club acéricole des Pays-d’en-Haut au 819-440-9743. De plus, pour plus de détails, nous vous invitons à consulter notre offre de services jointe en page 6 de la présente édition de L’Éveil agricole. |