Galerie Cultiv’art du Verger Bastien

Pour la culture des pommes et… la culture tout court

Dany Cloutier

C’est dans une atmosphère champêtre et de franche camaraderie, à mille lieux des galeries un peu snobinardes des grands centres, que s’est tenu le vernissage des artistes et artisans amis de la galerie Cultiv’art, saison 1999.

(Photo Yves Déry)

La galerie Cultiv’art est située dans une ancienne grange-étable, ce qui lui donne un air pittoresque.

Ils étaient en effet une quarantaine de personnes à être venues faire leur tour, à Oka, pour assister à l’inauguration de l’exposition réunissant quinze artistes-peintres, un photographe et quatre artisans. L’évènement avait lieu au Verger Bastien, le vendredi 20 août dernier.

(Photo Yves Déry)

Les artistes et artisans présents, en compagnie du propriétaire Jacques Bastien, au vernissage de cette nouvelle exposition de la galerie Cultiv’art du Verger Bastien.

À cette occasion, on a aussi pu apprécier le talent d’une jeune chanteuse pour le moins hétéroclite, Amélie Hébert, qui a offert un tour de chant a cappella au cours duquel elle a interprété du Paul Piché (la chanson Le renard et le loup), Starmania (le personnage de Stella Spotlight) et une chanson folklorique. On a pu observer la puissance de sa voix et l’émotion qu’elle nous fait ressentir. «Ça fait déjà quelques années qu’Amélie nous offre des prestations, et elle s’améliore d’année en année», a commenté Mme Anne Arseneault, directrice de la galerie. Une demoiselle qui a un certain panache. La jeune dame lançait donc l’exposition sous un tonnerre d’applaudissements.

Une variété de styles et d’artistes
Il s’agit d’une exposition à tomber dans les pommes, de l’aveu même des galéristes, Jeannine Landry et Jacques Bastien. Ils vous invitent à venir découvrir des tableaux (plus ou moins 75 toiles) riches en talent, en technique et en imagination. «Nous n’avons pas voulu privilégier un thème en particulier, par souci de présenter aux visiteurs une variété de techniques et de styles», expliquait Anne Arsenault au cours d’un bref discours. Le réalisme côtoie l’impressionnisme et les différentes techniques (aquarelle, huile, acrylique, marouflage, mix-média). Portraits, paysages, oeuvres à caractère religieux et art abstrait se partagent la vedette. «Pour les gens qui ne connaissent pas déjà les exposants, il est intéressant de noter que l’artiste ressemble beaucoup à ses tableaux», faisait remarquer, à juste titre, Mme Arsenault, qui y est allée de ses coups de coeur dans ses choix: «Ils vous présentent leurs créations dans des styles bien personnalisés; l’aboutissement d’un cheminement artistique recherché.» Ils viennent d’un peu partout au Québec: Montréal, Valleyfield, Laval et Rive-Nord. Plusieurs d’entre eux exposent de façon permanente au Québec et au Canada.

U n espace est réservé aux artisans, qui viennent exposer des poteries, arrangements floraux et bijoux. Un exposant y a même installé ses mobiles suspendus et rotatifs, une technique appelée ventologie.

Un lieu pittoresque
La galerie Cultiv’art est aménagée dans une grange-étable, quelque peu modifiée pour les besoins de la cause, tout près du verger, ce qui lui donne un cachet architectural et champêtre unique. L’endroit met en valeur d’une façon toute particulière les oeuvres qui y sont présentées.

Depuis 1991, plus de 300 artistes y ont exposé leurs oeuvres, et les galéristes ont voulu y présenter toutes les formes d’art possibles. Le propriétaire du Verger Bastien, Jacques Bastien, a expliqué qu’il avait été sollicité il y a une dizaine d’années pour ajouter une activité culturelle à son entreprise actuelle. «Ce qui a eu pour effet de déplacer les lieux réservés aux arts des villes vers les milieux ruraux», est d’avis le propriétaire des lieux.

Pour le Verger Bastien, il s’agissait aussi de se trouver un créneau particulier, car les entreprises de la région offraient déjà leur propre valeur ajoutée (produits dérivés, animaux de la ferme, tours en carriole, etc.). La galerie Cultiv’art est donc née, en 1991, de la volonté d’une famille d’agriculteurs qui voulait associer agriculture et culture.

La galerie est située au 545, rang de l’Annonciation, à Oka, et est ouverte gratuitement au public, du mercredi au samedi, de 13 h à 19 h 30, et le dimanche, de 13 h à 18 h. L’exposition dure jusqu’au 11 octobre. De plus, pendant la Fin de semaine de la culture, les 25 et 26 septembre prochain, les visiteurs pourront voir à l’oeuvre les artistes qui peindront sur place. Les groupes peuvent aussi fixer des rendez-vous en téléphonant au 479-6366.